Avertissements - TW - Héros et Parjures

Cet article a pour but de présenter les aspects susceptibles de heurter la sensibilité du lecteur. - 19/04/2025

La Femme-nuit, roman de dark fantasy mélancolique et violent, est le premier tome de la saga Le Thrène des vades, longue lamentation funèbre à la gloire des héros disparus...”

Héros et Parjures : ce roman peut-il vous heurter?

ATTENTION : Cet article contient des spoilers.

À nouveau, je n'ai pas souhaité joindre les avertissements au livre lui-même car ils en donnent à mon sens une image faussée. Bien qu'il soit excessif de réduire ce roman à des avertissements portant sur quelques scènes, pas toujours explicites, il faut reconnaître que l’intrigue ne sera ni une promenade de santé pour les personnages ni une sinécure pour les lecteurs.

Les avertissements sont les mêmes que pour La Femme-nuit, bien que d'autres s'ajoutent à la liste

  1. Consommation d’alcool et de potions

  2. Langage grossier.

  3. Violence physique et sexuelle.

  4. Comportements licencieux.

  5. Personnages amoraux / morally grey.

  6. Détresse psychologique, deuil, avortement.

  7. mention de violence envers les animaux (non gratuite)

  1. Dans cet univers de medieval fantasy, les tavernes et auberges sont souvent mentionnées comme lieu de vie, d'échanges, de rencontres (bonnes ou mauvaises) et de refuge pour les êtres tourmentés. Et oui, l'alcool y est consommé, parfois avec excès. Cette consommation abusive n'est pas présentée comme un élément banal, au contraire elle participe à la déchéance des personnages.

    La consommation de potions est liée à la pratique d'herboristerie des vadas. Les "recettes" que j'évoque ne sont pas à reproduire. Si elles sont dérivées de véritables propriétés de plantes ou autre substance, elles restent fictives et sans précision médicale suffisante.

  2. Ce livre n'est pas destiné à un public jeunesse. Le langage y est oral dans les dialogues, par moment vulgaire, conformément à la situation et la psychologie des personnages l'employant. Mais dans la narration, je porte un soin particulier à la qualité de l'expression, jusqu'à une certaine poésie de la prose.

  1. Le roman ne flatte ni la violence physique ni la violence sexuelle. Elles font partie de cet univers, comme du nôtre, et la souffrance des personnages fait écho à notre propre dégoût de ces situations, comme des tensions qui nous habitent. Beaucoup de personnages agissent donc de manière moralement contestable. La couverture du livre (dessinée par Bastien Boulai) donne un terrible exemple de cette violence extrême. Même si la violence et les agressions sexuelles sont présentes, le roman n'est pas non plus une dark romance. En effet il ne flatte pas les pratiques violentes ni de soumission, n’en vante pas une forme de sensualité non assumée qui en découlerait. Au contraire. Il la condamne fermement par l'horreur et la révolte qu'elle suscite. Un acte de cannibalisme et de nécrophilie sont implicitement évoqués.

  2. Le roman narre des scènes impliquant de la prostitution ou de la masturbation. Des scènes de sexe explicite sont également relatées, mais plutôt rapidement et dans un contexte de séduction. La question du consentement est également évoquée.

  3. Certains personnages importants sont ce qu'on désigne en anglais "morally grey", c'est-à-dire qu'ils n'agissent pas en fonction de la morale, ils ne sont ni bons ni mauvais, certes (rien de nouveau depuis Aristote), mais surtout leurs limites morales sont fluctuantes et dépendent des situations et de leurs intérêts. Pour les fidèles de jdr, il s'agit de l'alignement neutre chaotique. Ce choix explique des scènes problématiques autour du personnage de Torios notamment, qui se laisse trop souvent conduire par ses pulsions, peinant à réfréner ses instincts brutaux (parfois excités qui plus est par les substances qu'il ingère). En tant qu'ancien mercenaire, il incarne l'excès, la violence, la bête humaine. Ses actes sont souvent répréhensibles et fortement condamnables, pour ne pas dire choquants. Il en subit cependant lui aussi les conséquences, entretenant sa propre déchéance.

  4. Là où, à mon sens, le livre peut être le plus douloureux, est dans le champ des souffrances émotionnelles. Certains thèmes sont abordés dans ce tome 2 : la maternité, plus généralement la parentalité, et le deuil. Certaines scènes peuvent donc être émotionnellement lourdes alors même qu'aucune violence n'y est montrée.

  5. Je suis personnellement très sensible à la cause animale. Cependant j'en fais mention, de manière rapide, lors de la description de ce que j'appelle la "bouverie". S'il s'agit d'une étable à boeufs, ce mot désigne chez moi le quartier de l'abattoir dans la ville de Novestat. Sans rentrer dans les détails sordides de l'abattage, je souhaitais tout de même représenter cette violence ordinaire pour remplir nos assiettes et tout à fait commune dans les campagnes. Je sors un peu de la fiction pour aborder ici une conviction personnelle, celle de notre hypocrisie moderne qui fait que nous mangeons la chair d'un animal qu'on ne voit pas mourir, que nous ne souhaitons pas voir mourir, au contraire de nos grands-parents (ou arrière-grands-parents selon votre âge) qui écorchaient leurs lapins, plumaient leur poule, vidaient leur poisson. Encore aujourd'hui, dans les campagnes, on "tue le boeuf", et la viande est partagée entre les proches. Mais ces mises à mort peuvent être source d'effroi. C'est le cas pour moi, et pour l'un de mes personnages.

    On souffre pour de nombreuses raisons dans ce livre, qui sollicite du lecteur son empathie. Et ça, c’est à mon sens le but de la littérature, il n’est pas nécessaire de vous en avertir.

Si vous avez lu le tome I La Femme-nuit, vous savez que la violence fait partie intégrante de l'univers que je dépeins. Il s'agit bien d'une dark fantasy médiévale, que je présente de cette façon en 4è de couverture :